
AFTER THE OUTBREAK est un groupe de metalcore venu de Lyon qui façonne un univers où la rage, la résilience et l’émotion brute se rencontrent. Né de la volonté de transformer les fractures personnelles en énergie collective, le quintet développe un son percutant mêlant riffs incisifs, screams cathartiques et mélodies sombres. Sur scène, le groupe déploie une intensité physique et émotionnelle qui fait de chaque concert une décharge totale, oscillant entre chaos maîtrisé et moments de suspension.
À l’occasion de leur passage au festival PLANE’R FEST, j’en ai profité pour organiser une interview avec les gagnants du Tremplin 2026, AFTER THE OUTBREAK en compagnie de l’intégralité des 6 membres : Kev (chant), Aurel (basse), Pith (guitare), Tib (chant), Léandre (batterie) et Aymeric (guitare).
OPHELIE : Tout d’abord merci de m’accorder cette interview dans le cadre du PLANE’R FEST. Pouvez-vous vous présenter pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore ?
LEANDRE : je suis le batteur du groupe AFTER THE OUTBREAK et je suis l’avant-dernier arrivé !
AUREL : c’est moi maintenant le dernier, je suis officiellement arrivé dans le groupe en octobre dernier à la basse. Je pense qu’il n’y aura pas d’autre dernier après moi [rires].
AYMERIC : je suis le premier, j’ai fondé le groupe [rires] et je suis à la guitare.
KEV : je suis Kevin, le screameur du groupe et je suis arrivé courant 2022.
PITH : je suis Pith, je suis le deuxième. [rires]
LEANDRE : on va faire un classement !
OPHELIE : remarque, ça sera plus facile pour l’interview, je vais vous donner un numéro.
TIB : malheureusement, c’est pas un classement en talent [rires]. Sinon moi c’est Thibault, je suis le chanteur clean et aussi renfort scream.
Merci pour cette présentation [rires]. Pouvez-vous présenter le groupe ?
PITH : on est AFTER THE OUTBREAK et on est un groupe de metalcore / metal moderne, qui existe sous sa forme actuelle depuis 2022. C’est un projet qui a mis longtemps à se construire, on fait des concerts depuis un an uniquement. On a sorti un EP en 2024 [BLACK BOX] et on en sort un nouveau à la fin d’année 2026. Et c’est nous qui avons gagné le tremplin !
Effectivement, vous avez gagné le tremplin 2026 du PLANE’R FEST et vous avez ouvert sur la scène du terminal 1 aujourd’hui. Quelques heures après votre concert, comment vous sentez-vous ?
KEV : on n’est pas redescendu ! Personnellement, je suis encore perché. C’était très impressionnant au début, quand tu arrives sur la scène. Après c’était du kiff tout le long des 40 minutes.
AYMERIC : on ressent de la fierté. C’est sur ce genre de scène qu’on aimerait que notre groupe soit et de vivre ces moments-là, c’est unique !
KEV : le public était très réceptif, ça nous a motivés de fou !
AUREL : fiers et reconnaissants envers toute l’équipe du PLANE’R FEST et envers le public. Ils ne nous doivent rien, c’est à nous de tout donner, et l’énergie qu’ils nous ont donné était incroyable ! Ça nous reboosté !
C’est fou parce qu’on n’a pas du tout ressenti d’appréhension. Je vous ai senti hyper à l’aise ! Vous avez tout lâché direct.
PITH : il y a eu un petit pic d’adrénaline quand on est rentré sur scène et qu’on a vu le monde ! On a fini les balances, on a quitté la scène, les gens étaient devant le TERMINAL 2. On n’a pas vu le transit vers le TERMINAL 1 et on ne s’attendait pas à voir autant de monde, on s’est dit “WHAOU !”.
TIB : et le public qui a mis le sbeul ! Ça a super bien répondu sur tout ce qu’on a proposé, c’était fou !
PITH : il y a quelques personnes qu’on connaissait dans le pit, mais 99% des gens ne nous connaissaient pas. On a vu des gens slammer, on a vu d’énormes circle pits !
AUREL : il y a même un mec qui a slammé debout ! Il faut quand même le notifier !
TIB : en regardant les vidéos, on découvre tous les moments et c’est encore plus fou par rapport à ce qu’on a vécu.
PITH : on a hâte de regarder les vidéos parce qu’une fois le set terminé, on a enchaîné avec les interviews et on a pas eu le temps de vraiment se poser !
AYMERIC : on a juste eu le temps de se faire de gros câlins et se dire que c’était un gros kiff.
Ah oui donc vous n’avez pas eu le temps de débriefer encore entre vous et de redescendre !
TIB : les petites scènes, c’est toujours le kiff, je signe tous les jours pour ça. Mais là, la différence, c’est que j’avais l’impression d’avoir trois fois plus d’informations à capter. Tous les curseurs sont poussés au max !
Cette adrénaline a pu vous perturber dans la façon de jouer ? Est-ce que ça vous a bridé ou au contraire, ça a démultiplié votre énergie ?
PITH : on s’est dit que les morceaux étaient ultra lents ! On avait tellement d’énergie qu’on avait envie de les jouer hyper vite. On était obligé de se freiner pour respecter le métronome. On s’est mis tous à courir dans tous les sens ! Donc oui, ça a modifié notre façon de jouer, car il a fallu se dire “calm down” pour pouvoir se concentrer.
TIB : on était dans l’exploratoire, on s’est laissé porter !
LEANDRE : comparé à des petites scènes où on est enfermé, là, on était dehors, on a de la place sur la scène, j’ai pu bouger et taper comme je le voulais.
C’est vrai qu’avec six membres sur scène, dans les petites salles, tu es rapidement limité !
TIB : on est habitué au ROCK’N EAT à Lyon, à six c’est un challenge ! C’est “après vous monsieur, passez devant !”
PITH : tu peux écrire dans l’interview que maintenant, pour tous les gens qui veulent nous booker, on veut des scènes comme celles du PLANE’R FEST – c’est le minimum ! [rires]
Je pense que ça s’est vu que vous n’étiez pas habitués à une si grande scène. Par exemple, je m’attendais à vous voir, Tib et Kev, chanter plus souvent côte à côte.
KEV : c’est l’avantage aussi d’avoir deux chanteurs, on se partage la scène plus facilement. Sur une scène comme ça, c’est que du bonheur !
PITH : tu le vois aussi dans la réaction du public, quand tu te poses un peu sur scène. Tu les regardes, tout le monde est focus et il n’y a pas un moment où il décroche. C’est ça qui m’a le plus choqué ! Les gens ont bien accroché à la musique qu’on a proposée !
TIB : parfois c’est un peu compliqué à suivre, on regarde derrière, on se demande s’il y a quelqu’un. Sur les petites scènes, c’est un peu figé, on sait qui va où, on doit mettre de l’énergie sur place. C’est une expérience à prendre sur ce genre de scène, de savoir se synchroniser et se placer différemment. C’est vrai qu’on doit aussi travailler à être plus souvent les deux chanteurs ensemble.
KEV : le truc c’est que c’était la première fois qu’on jouait sur une scène aussi grande et on avait qu’une envie, c’était de se balader. Quand on est sur une petite scène, avec Tib, on est souvent côte à côte pour des unissons. On arrive à plus communiquer.
TIB : tu as raison, pendant des unissions, ça marque plus d’être ensemble.
Justement, comme c’était votre première grande scène, on vous a accompagné ?
PITH : on a été des princes aujourd’hui, on a été super bien accueilli. On n’a quasi rien porté nous-mêmes par exemple, on n’a pas l’habitude.
LEANDRE : on s’est préparé à ça aussi. Le but est que quand on arrive sur scène, on soit pro !
AYMERIC : notre job, c’est la partie management. C’est ce qu’on vend et c’est une des raisons pour laquelle on est ici. Ils nous ont accompagnés sur tout et ensuite, c’est à nous de faire le job. On espère avoir coché toutes les cases.
Qu’est-ce que cela a changé pour vous de gagner le TREMPLIN ?
PITH : on n’a pas encore vu la traduction de cette victoire. On a doublé nos écoutes sur SPOTIFY mais on est passé de quelques centaines d’écoute à quelques centaines de plus tu vois. Ça bouge aussi un peu sur nos réseaux.
AYMERIC : l’impact sera plus aujourd’hui. On a investi dans de la vidéo et de la photo, sans compter les autres photographes présents sur place.
PITH : c’est une super opportunité pour nous. On a des groupes de potes qui ont déjà gagné le TREMPLIN et on a vu que ça marchait bien pour ceux qui jouaient bien le jeu de la communication post PLANE’R. On va essayer de suivre leur exemple.
TIB : on va essayer de capitaliser dessus.
AUREL : personnellement, rien que de s’arrêter de jouer sur cette scène, je signe. Même s’il n’y a rien derrière, c’est que du bonus.
Y a-t-il un groupe que vous avez particulièrement envie de voir sur scène aujourd’hui ?
PITH : CALVA LOUISE, dans quelques minutes !
COLLEGIALE : THE BROWNING ! C’est trop cool, de la techno et du metal !
AYMERIC : moi c’est IMSOMNIUM. Je les ai vus il y a longtemps, c’est un groupe que j’ai beaucoup écouté et que j’ai hâte de revoir.
AFTER THE OUTBREAK, c’est un nom qui évoque la survie, la reconstruction : qu’est‑ce que cela signifie pour vous aujourd’hui ?
TIB : “After the outbreak”, ça exprime le côté soudain, le changement brutal, ça peut être dans plein de thématiques, aussi bien positives que négatives. “An outbreak”, c’est aussi une découverte qui peut changer l’histoire ou le monde. Ça nous ouvre pas mal de thématiques et c’est ce qu’on transmet dans nos textes, que ce soient des sujets macro sur la société ou des sujets plus intimes.
Quelles sont vos influences et vos inspirations pour écrire vos textes ?
TIB : si l’on parle de l’EP 1, c’était un mix de personnel et de sujets macro. L’EP 2, il y a un morceau très personnel et cinq plus divers, tournés autour des thèmes de l’oppression et de la notion de pouvoir.
PITH : il y a la notion d’une entité qui se fait contrôler par une autre, sous plusieurs formes différentes et ça peut se traduire dans l’anxiété, dans la rébellion ou dans l’espoir. On ne s’est pas laissé driver par une thématique pour écrire car naturellement, on écrit dans plusieurs thématiques. Pour l’instant, c’est ce qui nous inspire le plus et finalement, chacun peut l’interpréter comme il le souhaite.
TIB : parfois on cherche à incarner le texte, parfois on cherche à s’en éloigner quand on parle à la troisième personne, pour laisser place à l’imaginaire des personnes qui écoutent notre musique.
Vous êtes six, ce n’est pas trop dur de travailler ensemble ?
AYMERIC : le line-up a mis du temps à être définitif mais actuellement, il est parfait. On a des tempéraments qui matchent très bien et ça permet de développer les morceaux beaucoup plus simplement. Aujourd’hui, on est deux à composer les morceaux, deux à écrire les textes mais sur les prochains morceaux, on travaille tous ensemble sur la partie arrangement. Il y a de bonnes bases musicales chez chacun et donc, chacun à sa place.
LEANDRE : je tiens à souligner, oui, on est six mais ce que je retiens, c’est que chacun y met du sien pour que ça fonctionne. Quand je vois l’évolution sur scène, l’investissement dans le matos et dans le temps, je sais que tout le monde essaye de tirer le projet vers le haut et c’est top !
AUREL : Moi, je l’ai beaucoup ressenti sur cette scène. Toutes nos actions nous conduisent à vivre ce genre de moments. On a tous à fond !
PITH : c’est une petite consécration de notre travail aujourd’hui.
AYMERIC : ça se ressent qu’on s’entend bien sur scène, c’est super important pour nous.
PITH : on est humain, on peut faire des erreurs sur scène mais en général, ce n’est pas ce que les gens retiennent. On a plus des retours sur le fait qu’on est très énergiques, qu’il y a de la complicité et qu’on court dans tous les sens. Qu’on s’amuse ! On a pu échanger avec quelques personnes qui nous ont vus, elles ont tous dit qu’on avait le smile et que c’était agréable à regarder !
AUREL : la plupart des gens sont là pour ça, ils s’en fichent de la technique. Ils sont là pour l’énergie et ont besoin d’une connexion.
Donc la suite pour vous, c’est la sortie du deuxième EP ?
PITH : oui, c’est ça. On n’a pas encore de date fixée car on a encore du travail dessus. On a sorti un premier single en début d’année, “Riot”, avec un clip. On va sortir très prochainement le deuxième, “Off My Skin” et après l’été, on va sortir soit un troisième single, soit l’ensemble de l’EP, on ne sait pas encore, ça dépendra des rushs d’aujourd’hui. On a aussi le BEAUJOFEST en novembre 2026 ! On a trop hâte aussi ! Et on a déjà commencé à composer pour la suite, rien d’acté mais c’est de bon augure !
TIB : et on a aussi deux jours de résidence d’ici la fin d’année. Pour terminer 2026 en beauté et entrer en force en 2027 !
AYMERIC : on n’a jamais fait de résidence, on a dû s’adapter extrêmement vite à tout ce qui est live en moins d’un an. On a eu plein d’opportunités de lives et on a démarré comme des débutants, on n’avait pas de retours par exemple. On a dû évoluer très vite pour que si l’on avait l’opportunité de jouer sur de grandes scènes, on soit à la hauteur. Ça nous a pris beaucoup de temps.
TIB : je trouve que même en apprenant sur le tas, l’évolution est super positive.
AYMERIC : on va faire une résidence avec des conditions parfaites car on aura déjà eu l’expérience du PLANE’R et on aura déjà résolu pas mal de soucis.
PITH : on a fait une vingtaine de concerts en un an et s’il y a des gens qui nous ont vus début 2026, je les invite à venir nous voir au BEAUJOFEST pour voir l’évolution !
AYMERIC : l’évolution est incroyable pour nous car on s’est équipé et adapté !
Un mot pour clôturer l’interview ?
FIERTE !
ECOUTEZ-NOUS !
Continuez à faire vivre la scène locale !
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Merci aux six membres de AFTER THE OUTBREAK qui ont pris le temps de répondre à mes questions après leur concert.




