Au cœur des deux journées intenses et « metalleuses » du Muscadeath 2025, j’ai eu le privilège d’échanger avec KANINE, la formation française de slaming deathcore/deathcore, quelques instants avant leur prestation.
Le 19 septembre 2025 restera bien gravé en moi tant l’interview fut épique ! Normal avec un tel groupe !
Les railleries qu’ils échangeaient ont apporté une touche hilarante à l’atmosphère détendue, sans jamais nuire au fond sérieux de notre échange.
Je tiens encore une fois à vous remercier, KANINE, pour votre joie de vivre communicative et pour le partage inspirant de votre passion !
Indie : Bonjour à tous les membres de KANINE, et enchantée de vous rencontrer pour la première fois ! Je suis ravie de cet échange pour Métal Rock Magazine. Pour commencer, si vous le voulez bien, je vous propose de vous présenter succinctement à nos lecteurs !
Jason : Je m’appelle Jason et je suis le chanteur de KANINE.
Lucas : Moi c’est Lucas, je suis le bassiste.
Yannick : Moi c’est Yannick et je suis le batteur.
Alex : Et moi Alex, guitariste.
Pouvez-vous décrire au public le concept de KANINE ?
Alex : (« la pipelette ») Notre genre, c’est clairement le slaming deathcore, même si on glisse de plus en plus vers le bassdrop core. On adore les bass drops et on n’hésite pas à en mettre une bonne dose chez KANINE !
Pour ce qui est de l’état d’esprit, c’est simple : on est juste une bande de potes qui veut faire de la musique. La devise, c’est : « On prend le camping-car et on va faire de la musique ! »
Là il en manque deux (potes), Yannick nous a rejoints pour prendre la batterie succédant à Gabriel, le fondateur du groupe. Ce dernier, qui était à l’origine notre guitariste avant de passer à la batterie, ne souhaitait plus continuer dans ce rôle pour des raisons personnelles. C’est ainsi que Yannick est arrivé dans l’aventure ! Depuis c’est le bébé qui a 23 ans ! (Rires collectifs).
Et Flo, qui n’est pas là, un pote qu’on a aussi rencontré avec la musique, également guitariste.
OK donc concrètement KANINE est composé de quatre membres…
Alex : Quatre membres ce soir, techniquement six en studio.
Au niveau style, on peut parler de speed et brutalité musicale, de la violence dans les sons, un peu carnage ! Comment expliquez-vous un tel choix de musique et quel message souhaitez-vous délivrer ? Est-ce un exutoire ?
Jason : C’est l’amour de la musique violente !
Alex : Pour ma part — et je ne sais pas si c’est pareil pour vous [aux autres] — ce n’est pas vraiment un exutoire. Je crois que c’est surtout le fait d’avoir écouté du metal à fond depuis l’enfance. Ça s’est retranscrit dans le deathcore, dans toutes ses variations… c’est ce côté où la musique essaie d’être le moins linéaire possible, avec des gros drops et tout ça… c’est l’amour de ça ! C’est vraiment l’idée d’une porte ouverte qui ne se ferme jamais !
Yannick : Personnellement, j’aime bien, c’est tout ! (Rires). Plus sérieusement, en tant que batteur, j’apprécie tous les aspects… car, en vérité, je suis le seul vrai musicien ici ! Eux ne sont pas vraiment musiciens ! (Éclats de rire collectifs, taquinant les autres membres de KANINE).
« Eux ne sont pas vraiment musiciens » ? Explique !
Yannick : Eh bien, en réalité, les deux autres (les vrais musiciens !) sont absents aujourd’hui ! (Rires). Pour faire simple, je suis le seul ici à avoir fait de la théorie musicale. J’ai une formation technique, alors que Jason, lui, n’a appris qu’une seule technique de chant !… et Lucas… il n’est même pas bassiste !
Lucas : C’est vrai qu’ils m’ont dit qu’ils cherchaient un bassiste alors j’ai appris la basse !
Alex : En fait, l’histoire a commencé un soir de concert : on a interpellé Lucas en lui disant : « Mec, on n’a plus de bassiste ! » Notre ancien bassiste avait décidé d’ouvrir son propre restaurant – car, voyez-vous, on ne peut pas avoir deux passions qui ne rapportent rien ! On ne peut en garder qu’une ! (Rires). Bref, comme on connaissait Lucas depuis une dizaine ou une quinzaine d’années, on lui a simplement demandé : « Ça te dirait de jouer de la basse ? »
Lucas : Exactement.
Vous vous connaissez depuis l’école ?
Alex : Non même pas, depuis les soirées ! On avait 15 ans !
Yannick : Ils se connaissaient je n’étais même pas né (Rires) Quant à Alex, les seules fois où il touche sa gratte, c’est uniquement sur scène. Il n’a pas le temps de s’entraîner, car il gère énormément la logistique pour KANINE.
Alex : Oui, c’est ça. Les réseaux sociaux, les vidéos, les montages et tout l’administratif, ça me prend un temps fou, j’ai zéro temps libre ! Ajoutez à cela mes 39 heures de boulot à côté, et là, ça fait très mal… Même pendant mes heures de travail, je suis souvent sur mon téléphone à gérer des choses pour KANINE : les dates, les ingénieurs qui nous contactent, et tout le reste.
Yannick : Alex gère avec le booker, le label, il fait les traitements photos quand on en a, montages vidéo quand on en a des vidéos…
Alex : D’où cette saloperie (son téléphone dans son sac banane), que j’ai constamment avec moi ! Mais c’est vrai, j’aimerais tellement pouvoir jouer beaucoup plus de guitare ! Le seul moment où je peux m’y mettre, c’est quand je dois absolument apprendre les nouveaux morceaux, car le reste du temps, je n’en ai tout simplement pas.
Yannick : Et, en plus, Alex doit aider Jay (Jason) à écrire les paroles, donc il ne fait jamais de gratte « plaisir » …
Alex : Même si j’aimerais bien…
Quel est votre processus de composition des morceaux et albums ?
Alex : C’est un processus assez collaboratif. Ça commence avec Gab et Flo — qui sont absents aujourd’hui — ce sont eux qui ont le cerveau pour dégager une idée et lancer la structure musicale. Ensuite, on affine le tout, surtout avec Jay, qui est chiant de ouf ! (Rires collectifs). Non, sérieusement, il faut avoir une vision claire et s’efforcer de respecter cette ligne directrice, de garder un fil conducteur.
Yannick : En vrai, il y a toi et maintenant Lucas aussi, qui écoutons du deathcore depuis des années. Par contre, les influences de Gabriel et Flo sont plutôt orientées vers le mélo–metalcore.
Alex : Gab c’est tout et n’importe quoi tant que ça reste du deathcore/metalcore genre « Chealsea Grin », tu vois.
Par contre, Gab n’écoute pas du tout de slam, alors que nous en faisons ! C’est justement pour cela que nous, on en rajoute dans les morceaux.
Donc, ça commence avec eux [Gab et Flo], puis on enchaîne sur tout ce qui est partie guitare et les démos de batterie. Une fois que c’est terminé, on envoie le tout à Yannick. Son rôle est de retravailler la batterie pour la rendre la plus humaine possible ! (Rires). Parce qu’apparemment, jouer à 400 BPM n’est pas réalisable pour un être humain !
On finit le processus avec l’écriture des paroles (lyrics), que nous faisons tous les trois en général.
Jason : Moi je suis très nul en anglais et dyslexique. Du coup je fais les rythmiques etc…
Alex : Les yaourts…
Jason : Les yaourts en anglais, je pose dessus et je m’adapte.
Alex : Ce qui fait un processus de record très long
Jason : C’est un processus très, très long, car je pars avec ce petit « handicap » : là où mes collègues arrivent à trouver la phrase musicale immédiatement, je suis obligé de la refaire dix ou quinze fois pour y arriver. Mais le principal, c’est que ça fonctionne à la fin !
C’est ce que j’allais dire…on sent vraiment cette cohésion entre vous !
Alex : Oui, aujourd’hui, on sent que tout roule tout seul ! Chacun connaît son rôle, sa « tâche », et surtout, tout le monde avance vers le même objectif. Et ça, c’est vraiment cool ! Nous n’avons pas de « roue crevée », comme on peut le voir dans certains groupes où la motivation n’est pas toujours au rendez-vous. Chez nous, il y a une vraie envie, un but, et coûte que coûte, il faut que ça avance.
Cherchez-vous à délivrer un message précis à votre public, ou votre art réside-t-il dans l’expression brute de la musique elle-même ?
Jason : Il y a beaucoup de conneries ! (rires collectifs)
Alex : En fait, c’est un mix des deux.
Jason : C’est exactement ce que j’allais dire. Tu demandais quelle était la signification de notre musique, et si elle avait une vocation particulière. La réponse est que si l’on écoute nos albums, il y a un mélange de choses très sérieuses et d’autres plus légères, voire absurdes. Notre musique dégage cette double ambiance : elle est « Good Vibes » tout en restant énervée !
Alex : Bien sûr qu’il faut être sérieux, mais nous sommes avant tout des amis ! Inutile de se prendre pour quelqu’un que l’on n’est pas. On fait cette musique pour aller à la rencontre des gens, pour le contact humain. L’amour de la musique est ce qui nous rassemble tous.
(Transition vers les paroles)
Alors oui, on a des paroles qui sont très sérieuses. Je pense notamment à des titres comme « Karnage » ou « Damaged ». Quand j’ai commencé à composer les paroles de « Damaged », c’était inspiré par le cerveau de Jason : ce côté extrêmement pessimiste, défaitiste, angoissé, où tu es en lutte permanente contre ta propre cervelle. Sur ce genre de titre, la musique est vraiment très sérieuse, il n’y a pas de place pour la dérision.
Et puis, on a « Counter Slam », une ancienne composition avec Jason, qui parle… de notre amour pour le jeu Counter Strike ! C’est complètement absurde, mais on fait juste ce qu’on aime.
Donc vous prônez la liberté d’expression en tout genre !
Yannick : Oui on s’amuse.
Alex : Le seul véritable engagement thématique, on va dire, concerne la santé mentale, inspiré par les deux guitaristes qui ne sont pas là ce soir et qui traversent des difficultés liées à l’anxiété.
Ensuite, il y a des morceaux comme « Karnage », où j’aborde des thèmes très larges sur l’humanité : comment l’être humain détruit tout sur la planète et à quel point la situation est flinguée, tout en me demandant ce qu’on peut vraiment y changer ou si les choses vont s’améliorer.
Et pour montrer l’autre côté du spectre, nous avons une chanson qui s’appelle « Attack on Guinea Pig », dont les paroles sont un mélange déjanté entre la série Attack on Titan et South Park !
Yannick : Parce que notre guitariste qui est incroyablement fan des rongeurs !
Jason : Des ragondins etc., et on s’est dit « vas-y on fait une chanson sur les cochons d’Inde ! ». Et ça c’est drôle ! Et on en a d’autres qui vont arriver du genre Rage, plus sérieux…
Yannick : ou Dystopia
Alex : La dystopie c’est mon dada !
Jason : Si on regarde l’album, on reste toujours dans le deathcore, slam, mais il toutes les chansons ont un monde différent. Chacun y met du sien.
Des parts de vous !
Alex : Tout à fait ! Et c’est ce qui nous pousse à créer des morceaux uniques les uns des autres !
Jason : Précisément ! C’est la garantie d’avoir des musiques toujours renouvelées !
Pourquoi le nom KANINE ?
Alex : ça c’est Gab qui l’a créé !
Yannick : Il voulait un son incisif ! Tranchant, court, et facile à retenir !
Alex : Et du coup KANINE ! Très simple ! Et tout le monde dit « Kay-Nine » sauf les Français ! Ouais personne ne sait dire le « a » donc « Kay-Nine », on se reconnait 😉 ! Même nous maintenant on s’appelle comme ça entre nous ! (rires)
Scéniquement parlant, avez-vous un jeu particulier ?
Jason : Comme dit souvent dans ce style-là, souvent le chanteur c’est le grand méchant ! Ce que je déteste !
Alex : C’est un nounours !
Dans ce clip où tu apparais ensanglanté, tu incarnes pleinement ce personnage.
Alex : Très bon acteur !
Jason : Ouais, j’ai kiffé ! Mais par contre, ce n’est pas moi sur scène à être le grand méchant !
Yannick : Sur scène, il se concentre tellement sur sa performance pour ne pas faire d’erreur, qu’il n’a pas le temps de faire le « méchant ».
Alex : Il y a même des moments où il est carrément timide ! Par exemple, en Angleterre, il doit parler anglais en plus… En tant que dyslexique, il panique un peu. Je vois bien qu’il veut interagir, mais il n’y arrive pas. Je reprends alors le micro et je lance : « OK, il est un peu timide ce soir ! » J’essaie de tourner ça à la blague, mais la vérité, c’est que Jason a un poids sur les épaules en tant que frontman ! Tu ne verras jamais un batteur se mettre à faire un speech, n’est-ce pas ?
Ça pourrait !
Alex : ça pourrait, allez vas-y !
Yannick : Non ! (Rires)
Jason : De fait, je sais que, pour moi, jouer un personnage ce n’est pas possible. Je suis juste moi.
Alex : On a essayé, bien sûr, mais au début, on ne savait pas du tout ce qu’on faisait ! Il faut dire qu’on est partis en tournée dès notre deuxième concert de notre vie. Résultat, on était complètement novices, on ne connaissait rien du milieu. On arrivait à jouer nos morceaux, c’est tout, et on était plantés sur scène comme des piquets ! On ne savait pas comment se positionner ni quelle attitude adopter…
Lors de la création de KANINE ?
Alex : Oui, c’est exactement ça ! KANINE a été créé en 2020, et notre premier concert ainsi que la sortie de l’album ont eu lieu en 2022. On était vraiment des débutants à l’époque, et c’est au fur et à mesure qu’on a créé notre identité.
Le maître mot pour nous sur scène, c’est la « good vibe » ! Contrairement à d’autres groupes qui adoptent une imagerie très spécifique – comme les tuniques pour le Black Metal – nous, on mise juste sur notre musique.
Attention, on fait quand même un peu attention à notre look ! Il ne s’agit pas non plus de s’habiller n’importe comment. Par exemple, au début, j’arrivais sur scène en mode tenue de randonnée… (Rires).
Jason : Bob l’éponge en chaussettes !
Alex : C’est juste le concept des « good vibes ». On aime traîner au stand de merch ! On ne reste jamais backstage (en coulisses), car ce n’est tout simplement pas l’ADN de notre projet d’être inaccessibles.
Cette proximité constante avec le public, c’est le secret de la connexion que vous créez en live ?
Lucas : On adore parler et parler à tout le monde !
Alex : D’ailleurs ça se voit facilement ! Surtout Lucas qui est le plus introverti et le plus silencieux !
Yannick : Et c’est le fou du bus ! (Rires)
Le « fou du bus » ? C’est un jeu entre vous ?
Alex : Non, il va surtout faire des conneries pour nous faire rire tout le temps ! On est bêtes, comme des gars ensemble, où le côté Cro-Magnon prend le dessus (Rires). C’est vraiment notre dynamique : on se vanne et on se chambre énormément, surtout Yannick ! C’est l’homme qui tire en permanence !
C’est ça, l’ADN de KANINE ! Yannick est le plus jeune du groupe, mais c’est le plus mature. Le plus vieux ! Une catastrophe (Rires) ! Mais ça fonctionne ! Et c’est le public qui nous le confirme, car tout ce qu’on vous montre, on ne le fait pas exprès : on est juste potes, c’est tout !
Vous êtes naturels et spontanés.
Alex : Oui, mais sur scène, on ne fait pas de conneries. Et si jamais il y en avait une sur le set, tu y réfléchis pour comprendre d’où ça vient. Tu l’arranges après.
Yannick : Franchement, pour éviter tous les trucs idiots, il faudrait virer Alex, mais ça serait trop relou (Rires).
Alex : Parce que je suis le seul à comprendre !
Yannick : Non parce que t’es le seul à foirer ! (Rires)
Petite question : utilisez-vous une note marron ?
(Rires collectifs)
Alex : Nous avons une véritable passion pour les bass drops, que nous gérons strictement via les fréquences : plus le signal de départ est aigu, plus le bass drop commencera haut, et inversement pour les fréquences graves.
L’inspiration vient d’un épisode de South Park où ils réussissent à émettre la note la plus basse du monde, une fréquence qui, apparemment, est assez puissante pour vous faire faire dans ton froc involontairement !
C’est dans cet état d’esprit que Jason est arrivé pour créer « 808 ». Son idée était simple : « Les gars, on aime les bass drops ? Faisons un morceau qui intègre 12 000 couches de sub-bass à l’intérieur ! »
Jason : C’est vraiment une attraction !
Alex : Ce morceau contient 25 bass drops, ce qui est colossal ! Je crois qu’aucun autre titre de la scène deathcore n’a jamais atteint une telle quantité. (Pour l’anecdote, nous en aurons environ 1000 sur l’album entier !)
L’objectif principal était de concevoir un sub-bass tellement violent qu’on pourrait le comparer, par dérision, à la fameuse « note marron » de South Park !
Voilà comment une référence à un épisode de South Park se retrouve au centre d’une composition de KANINE.
Jason : Le défi, c’était de se dire : « OK, il faut faire une musique entièrement basée sur les bass drops ! » Du coup, pondre des lyrics dessus a été assez compliqué. En fait, tu te retrouves à écrire des paroles sur un simple sample !
Alex : Bravo Lucas, ça a super bien marché ! Et du coup, le bass drop en question contient la phrase : « Like the brown note, you will shit in your pants ! » – soit, « Comme la note marron, tu vas te chier dessus ! » (Traduction personnelle)
Imagine : on fait « Damaged », un morceau très sérieux, « Virtual », très sérieux aussi, ou encore « Anubis », qui parle du jugement dernier, mais sans aucune connotation de croyance ou de karma, et juste après, on enchaîne avec un titre qui parle de brown note !
C’est passé dans notre tête, et c’était réglé ! Cette dualité, c’est comme ça qu’on est.
Jason : Ce qui est très drôle pour ce soir, car on est des OVNI !
J’étais super contente de vous rencontrer, et je me demandais vraiment comment cet entretien allait tourner ! (Rires). Merci beaucoup pour toutes ces infos. Maintenant, j’ai encore plus hâte de voir ce que ça donne sur scène !
Jason : Nous aussi (Rires) !
Niveau projets, d’autres perspectives de concerts ?
Lucas : Concert semaine prochaine, ensuite une tournée de deux semaines.
Ensuite il y aura un clip dans la foulée, ça s’enchaîne bien !
Une tournée en France est prévue ?
Alex : Non ! Allemagne, Danemark, Hollande, Belgique… Bizarrement, c’est plus simple pour nous de tourner partout dans le monde que de décrocher des dates en France !
Yannick : La dernière fois on a été au Baya et au Wintereve.
Alex : Malheureusement, on fait très peu de concerts en France. La raison principale, c’est que c’est très cher, surtout quand tu voyages en camping-car. Les péages, c’est abusé, ça nous atomise ! Un aller-retour Bordeaux-Strasbourg, c’est presque 200 € rien qu’en frais de route, ça nous dégomme !
C’est très difficile, car de Strasbourg, on est tout de suite en Allemagne. Il nous coûte moins cher d’aller jouer à Berlin (ou en Suisse, ou en Hollande) que de monter à Paris, alors que la distance est beaucoup plus importante ! C’est ce paradoxe qui rend les choses compliquées.
Mais on est trop contents de jouer en France ! Déjà, parce que Jason comprend ce que dit le public (Rires).
Côté projets, nous avons une tournée en Espagne et au Portugal en janvier 2026, et surtout, le Corpse Fest, qui est une très grande date ! J’en suis vraiment fier, parce qu’on commence doucement à faire des dates où l’on « colle » techniquement au public qui nous correspond.
Un deuxième album en perspective ?
Alex : Ce sera plutôt fin janvier. Il y a une nouvelle musique qui vient de se rajouter tout doucement au projet, donc il faut la finir ! La compo, on doit l’enregistrer, et je vous rappelle qu’on a deux tournées à gérer pendant ce temps-là !
Yannick : Un clip aussi !
Alex : Quand je te dis que je n’ai jamais le temps de faire de la gratte ! Eh bien, regarde : la promo, le merch, toute la logistique… ça prend un temps monstrueux, en plus de mon travail. C’est pour ça que, sincèrement, je n’ai plus du tout de life !
J’ai la chance d’avoir une copine qui comprend, car elle est dans un domaine similaire, mais c’est clair qu’on doit déléguer un peu plus. Si on était plus proches géographiquement, ce serait aussi beaucoup plus simple.
Jason, lui, il est à 120 % dans toutes les étapes ! Tu vois le cliché des chanteurs qui ne sont jamais là ? Lui, c’est l’inverse total ! Il est fou, le vrai fou du bus ! (Rires)
Mais c’est ça qui fait qu’on avance : tout le monde va dans le même sens, tout le monde doit être focus et vouloir exactement la même chose.
Ce qui est le cas !
Alex : Ah oui, à 100 % ! Il ne faut surtout pas croire qu’il y a un seul gars qui porte tout. Non, c’est l’effort de tout le monde ! Parce que tu ne peux pas tout porter si personne derrière ne te suit.
Sinon tu fais un groupe tout seul en somme !
Alex : Oui, exactement ! Autrement, tu es un groupe à toi tout seul ! Et puis, il faut la motivation ! Nous, par exemple, on vient de se taper 10 heures de route, et on est là ! Et c’est trop cool ! Au final, beaucoup de gens ne sont pas prêts à ça, ils veulent rester bien tranquilles chez eux. Nous, c’est : « Vas-y, on y va, on fait de la musique, on s’amuse ! »
Yannick : On a fait 8h, ça va ! Tout dépend pour qui.
Alex : C’est clair ! Parfois, tu fais 8 heures de route avec Jason, et il ne dit rien. La fois d’après, tu te tapes seulement 2 heures, et il commence à râler : « Ça ne passe pas ! » Attends, mais il n’y a aucune logique là-dedans ! (Rires). Et puis, tu as Lucas, qui, lui, dort tout le temps !
Lucas : Ah je suis fatigué assez vite !
Un dernier mot pour vos fans ?
Alex : Écoutez, on espère que vous aimez les sub-basses (rires), car on est au top niveau ! Plus sérieusement, on a très hâte de dévoiler tous nos nouveaux sons ! On est très contents de ce qui est sorti et de ce qui s’est produit jusqu’à présent. On va continuer de pousser fort : notre but est clairement de devenir un vrai nom dans le deathcore en Europe. Déjà, ça, c’est un objectif ! On veut se faire une place d’abord en Europe et ensuite en France.
Alex : Ce scénario est fréquent pour beaucoup de formations françaises ! Regarde Gojira : ils ont d’abord percé à l’étranger avant d’exploser sur la scène française.
Bien sûr, on sait qu’on n’arrivera jamais à leur niveau, parce que le deathcore extrême est un genre très restreint. Mais je ne me vois pas faire autre chose que ça ! Nous sommes extrêmement motivés à continuer de nous investir dans le deathcore et à faire tout ce qui est possible pour nous développer.
Lucas : On a eu de la chance d’avoir trouvé un batteur.
Donc Yannick tu as de la chance d’être dans KANINE !
Alex : Non ! ON a la chance de l’avoir ! C’était aussi un très gros pari, car autant on se connaissait tous, autant lui, on ne le connaissait pas du tout au départ ! Et du coup, il est arrivé, et pour moi, c’est un miracle que ça ait fit instantanément ! Des bons musiciens, tu en trouves une tonne, mais des gars avec qui tu peux te taper 10 heures de route tous les jours, ça, c’est énorme.
Jason : En plus Yannick venait déjà nous voir en concert avant !
Yannick : C’est encore plus fou que ça ! Notre ingénieur du son actuel, c’est lui qui m’a fait découvrir KANINE au départ, et maintenant… c’est notre propre ingé son !
Alex : Hey 22 ans ! Mais ce gars-là (Yannick) c’est un monstre ! Il est à l’école encore en train de faire ses études d’ingé son, mais il détruit tout c’est parfait !
Lucas : Il se spécialise dans le son lui aussi ! Là, il a carrément pris des bouquins pour approfondir ce domaine ! Le mec il est comme ça : il lit !
Alex : On se fout de lui tout le temps (Rires) ! Il se lance dans des explications, on pige rien du tout ! On lui dit : « Mec, c’est ton boulot, pas le nôtre ! Moi, je suis juste là pour jouer de la gratte ! » Et lui, il nous parle de « phases » et de trucs, on comprend que dalle !
Mais tu vois, c’est énorme d’avoir trouvé un ingé avec qui on travaille extrêmement bien. Autant on peut faire les cons, autant le moment où il faut monter le matos jusqu’à la fin du live, c’est carré et professionnel !
C’était génial ! Merci infiniment à vous, les KANINE. On vous souhaite un excellent live et, surtout, bonne route pour la suite de vos projets !
Collégialement : Merci à toi !
Un moment de bonheur et de sincérité partagé avec cet excellent groupe. KANINE, par la force de leur musique et l’authenticité de leur art, mérite une reconnaissance accrue ! Un grand merci pour le partage de leur passion qui les anime.
