
À l’occasion du concert de THE CALLOUS DAOBOYS au Warmaudio (Lyon) le 14 février 2026, Carson Pace, le frontman du groupe, a bien voulu répondre à nos questions.
Gwen : Salut Carson, moi c’est Gwen et je suis très heureuse de discuter avec toi pour Metalrock Magazine, donc merci beaucoup !
Carson : Super, merci à toi.
Gwen : Pour commencer, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous décrire le groupe en quelques mots ?
Carson : Bien sûr. Le groupe s’appelle THE CALLOUS DAOBOYS. Nous sommes très chaotiques et expérimentaux, mais nous sommes aussi de grands fans de musique pop et de pop-rock, comme FALL OUT BOY ou les débuts de MAROON 5. Nous intégrons donc certains de ces sons dans notre musique pour la rendre un peu plus accessible pour quelqu’un qui ne serait pas familier avec le metalcore ou les genres heavy hardcore. On essaie de toucher un peu à tout.
Gwen : Super présentation ! Il se passe tellement de choses dans vos chansons ! Comment trouvez-vous l’équilibre entre la mélodie et le chaos ?
Carson : Ça arrive assez naturellement. J’ai commencé par composer de l’Electronic Dance Music sur mon ordinateur, et c’est un genre qui, par définition, passe du très calme au très fort. Il y a énormément d’éléments qui s’accumulent et montent en puissance jusqu’à obtenir un énorme « drop » dans le crescendo. Quand on a lancé ce groupe, je voulais expérimenter avec cet équilibre, mais en faisant en sorte que ça arrive plus vite : faire des allers-retours constants entre des moments très calmes et des explosions sonores. L’équilibre dépend vraiment de la chanson. Toutes nos chansons ne doivent pas forcément passer du fort au calme, mais beaucoup le font de manière très calculée.
Gwen : Votre nouvel album « I don’t want to see you in heaven » est sorti. J’ai une question : est-ce que le titre de l’album est dédié à une personne spécifique ou est-ce plutôt un message global pour tous ceux qui vous rabaissent ?
Carson : Oui… Ou non, je pense que c’est plutôt une phrase, un sentiment. C’est le genre de chose que tout le monde a ressentie envers quelqu’un à un moment de sa vie. C’est plus impulsif que malveillant. C’est censé être une menace, quelque chose de vraiment horrible à dire à quelqu’un… mais je pense que c’est aussi quelque chose que tout le monde a ressenti à un moment ou un autre. Donc c’est dirigé vers plusieurs personnes. Ouais.
Gwen : Je vois ! Je me demandais… Dans le morceau « Distracted by the Mona Lisa », il y a une ligne qui m’a marquée : « inefficient little fake rock star ». C’est une phrase assez dure… Vous êtes-vous déjà senti comme ça auparavant ?
Carson : Ouais, absolument. Je pense que naturellement, je ne suis pas quelqu’un de très efficace. Je soupçonne d’ailleurs un TDAH, sans en être certain. Je ne suis pas toujours conscient de la meilleure façon de faire les choses. J’essaie vraiment de faire de mon mieux pour rester au top, gérer l’organisation et savoir ce qui se passe, mais naturellement je ne suis pas très bon à ça. C’est assez frustrant, c’est quelque chose sur lequel je travaille encore. Et pour l’anecdote, cette phrase précise est une insulte qu’une de mes ex-copines m’avait lancée ! Donc oui, je me suis définitivement senti comme ça par le passé.
Gwen : Et toujours à propos du dernier album… J’ai une question sur la couverture car je l’adore ! Comment avez-vous eu cette idée ? A-t-elle une histoire ou une signification pour vous ?
Carson : Il y a eu plusieurs influences. Tout est parti d’une photo que j’avais vue dans un musée : une artiste avait photographié un ciel nocturne en faisant pivoter son appareil très rapidement pendant la pose. Résultat, toutes les étoiles ressemblaient à des astéroïdes ou des comètes. Au départ, je voulais que ce soit simplement ça notre pochette. On a contacté la photographe, mais elle a refusé parce qu’elle n’aimait pas notre musique et ne voulait pas que son nom y soit associé.
On a alors apporté l’idée à Sean, qui a réalisé l’artwork de notre dernier disque, « Celebrity Therapist ». Il a tout de suite eu une idée brillante. Quant aux vestes avec l’inscription « Funeral » dans le dos, c’est quelque chose que j’avais aperçu sur un policier à moto qui portait une cravate. Je n’ai jamais revu ça nulle part ailleurs de ma vie ! J’ai cherché sur Internet, impossible de remettre la main dessus. J’ai donc demandé à Sean de recréer ce visuel avec des personnages de dos. Le résultat est parfait, c’était exactement ce que je voulais. On travaillera probablement toujours avec lui pour nos visuels, il est brillant.
Gwen : Vous avez déjà joué en France auparavant. Est-ce que vous avez l’impression que votre musique connecte différemment avec le public français ?
Carson : Je ne pense pas que ça ait très bien connecté jusqu’à récemment, pour être honnête. On a joué il y a deux ans, je crois, avec TESSERAC T, et c’était correct, sans être génial. Sur cette même tournée, on a joué au Bataclan à Paris et c’était l’un des pires concerts que j’ai jamais joués de ma vie !
Ensuite, on est revenus à Paris avec SILVERSTEIN et ça s’est très, très bien passé. Et puis — comment s’appelle le festival déjà ? — Motocultor ! On a passé un super moment là-bas. C’était incroyable, vraiment un concert génial. On avait un concert en tête d’affiche à Paris quelques jours plus tard. Les ventes étaient correctes au départ… Et puis après le Motocultor, le concert a affiché complet presque immédiatement, parce que les gens du festival se disaient : « Il faut qu’on vous voie encore à Paris ! »
C’était absolument incroyable, c’était vraiment cool et je suis super excité pour ce soir. Donc je dirais que la connexion ne s’est faite que récemment, mais je suis très heureux que ce soit le cas parce que j’aime vraiment être ici.
Gwen : Le Motocultor ! Super festival !
Quelle chanson préférez-vous jouer en live ? Laquelle est la plus fun pour vous sur scène ?
Carson : Bonne question. On ne me pose pas souvent cette question, donc merci de la poser. Maintenant que je sais que j’adore qu’on me la pose, je n’arrive plus à choisir… Probablement « Distracted by the Mona Lisa », c’est un immense moment de chant collectif. Tout le monde dans la salle connaît le morceau par cœur. C’est génial d’entendre tout le monde crier et acclamer quand on la joue, ça ne vieillira jamais. L’énergie dans la salle quand tout le monde sait qu’on lance la chanson que tout le monde attend, c’est vraiment spécial.
On a aussi une vieille chanson qui s’appelle « Die On Mars », et j’adore la jouer. Quand l’album est sorti, personne dans le groupe ne voulait la jouer. Puis, quand on a eu un nouveau batteur et un nouveau guitariste, ils nous ont dit : « Pourquoi vous ne jouez pas cette chanson ? » On l’a essayée un soir et je me suis dit : « Oh, super. » On a passé des années sans la jouer et maintenant on la joue tout le temps. À chaque fois que je la joue, c’est personnellement le moment fort de la soirée pour moi.
Gwen : Une anecdote pour la fin ?
Carson : Notre ancien batteur parle français. Il est venu à Paris juste après avoir rejoint le groupe. Il était assis sur une pelouse et il a surpris des locaux qui disaient énormément de mal des Américains. Et il était tellement d’accord avec eux qu’il s’est retourné pour participer à la conversation ! Ils ne se doutaient absolument pas qu’il était lui-même Américain.
Gwen : Merci infiniment pour ton temps ! Bon concert !
Carson : Merci beaucoup.




